Wednesday, November 28, 2012

Le virus

J’ai reçu un message d’une fille que j’avais beaucoup aimée, dans le temps. Cela faisait des années qu’on n’échangeait pas un mot, j’en ai été ému. J’ai vite été détrompé: ce n’était pas elle qui s’était souvenue de moi et qui m’invitait à faire un teste de personnalité; le message provenait d’un de ces programmes bidon qui prolifèrent sur l’internet dans l’espoir d’avoir accès à nos informations. Je lui ai écrit pour l’avertir du virus et j’ai ajouté : plus de nouvelles de toi depuis longtemps, hein, qu’est-ce que tu deviens ? Elle m’a remercié et a ajouté : si je te parlais de ma vie, ah, tu deviendrais dingue à nouveau. Sa réponse m’a choqué et irrité. Mais j’ai tout de suite pensé : elle n’a pas changé ! on s’est compris si vite malgré toutes ces années de silence qu’on a eu vraiment tort de se séparer.

(J. E. Soice)


P. S.

Ele, o Soice, escreve estas coisas porque é um tenrinho lá no fundo e de vez em quando sucumbe a nostalgias infantis. Mas a mim uma vez disse-me que essa "jeune fille que j'ai beaucoup aimée" se tinha transformado enquanto vivia com ele num belo estupor que só não deu com ele em doido porque não calhou. Eu não comentei e fiz bem porque as opiniões dele variam com os dias ou com a lua e nunca são definitivas.


Este meu amigo, falando uma vez do Livro do Desassossego de Bernardo Soares, disse-me que não percebia por que razão tanta gente achava que tal estopada era um livro genial. "A mim", disse Soice, "o estilo rebuscado, efféminé, narcisista, cheio de minúcias inúteis e despropositadas do delicado e chato Bernardo Soares irrita-me. Todo o livro é uma espécie de prolongamento inútil e enfadonho de "O Sentimento de um Ocidental" de Cesário Verde. Prefiro o Cesário, que é breve, perspicaz - e não está convencido de que pensa profundamente." Eu, com toda a modéstia, ouvi e não comentei, como é evidente.

Wednesday, November 7, 2012

Confissão


A poesia é a arte do desejo
ou do remorso. Aquele que
não pode dizer que ama,
no segredo do poema
confessa o seu amor.  Aquele
que não quer confessar que
sofre por causa do amor
que já morreu, no poema
tenta perceber a sua dor.

E não posso dizer o teu
nome. Nem que me fez
estremecer o teu olhar
quando se cruzou com o
meu. Não tenho palavras
dignas dessa confissão.
Queria que na memória
ficasse guardada a
imagem do teu rosto,
do teu corpo, quando
tu me observavas e depois
baixavas os olhos e o rosto.

O amor. Mas eu não posso
falar. E tu não podes
ouvir. A paixão será
secreta. Como a dor. Como
a felicidade de estar ao pé de
ti. Sem que ninguém saiba,
ninguém veja. Escrevo o poema
para não me esquecer de ti nem
do teu olhar esta tarde quando
tu saías da sala e viraste
a cabeça na minha direcção.
Tu sabias. Tu sabes. Mas
não é possível. Não se explica
o amor. Mas sem esperança
eu hei-de estar ao pé de
ti atento. E talvez tu
percebas, apesar do pudor,
da proibição. 

(11/4/2012)

Friday, November 2, 2012

Le goût du vrai

Une fois, il y a quelques années, j’ai eu une girl friend qui, peu de temps après notre séparation, a créé une entreprise qui ne vendait que des produits de qualité génuine européens. Et elle expliquait dans sa page commerciale de l’internet qu’il fallait luter contre la prolifération de chinoiseries de mauvaise qualité et de mauvais goût qui avait envahi notre existence sophistiquée. Elle faisait preuve là d' ambitions aristocratiques respectables et que je respectais et d'une dévotion louable vis à vis des produits faits à la main par des artisans – des artisans qui en fait à ses yeux étaient de vrais artistes et qui laissaient un peu de leur âme dans les produits qu’ils mettaient sur le marché.

Elle s’est aussi mariée peu de temps âpres avec son associé dans les affaires et je dois croire que là encore elle a su agir avec le même goût du vrai et la même soif de pureté.

J’ai pensé à elle récemment par contraste et me sentant un peu coupable: je venais d’acheter une demi douzaine de stylos plume « made in China » pour environ trente dollars tous les six. Je n’avais pas pu résister à la tentation de devenir propriétaire de six stylos neufs, si beaux et de différentes marques, pour si peu d’argent. D’ailleurs elle m’avait offert quand on était encore ensemble un faux Montblanc qu’elle avait acheté à Chinatown à New York et dont je me servais parfois en me souvenant de l’époque de nos amours qui n'allaient pas durer. Bien sûr, je ne pouvais pas comparer le faux Montblanc à mon magnifique et vrai stylo Delta "made in Italy", mais cela mis de côté il me satisfaisait assez.


(Joseph Edward Soice dans ses cahiers secrets)

Tuesday, October 23, 2012

Lovers


…. Aren’t lovers always
reaching borders, each in the other,
despite the promise of vastness, royal hunting, home ?

R. M. Rilke (translated by Edward Snow)

Lovers. Les amants. Ils
s’étreignent, mais arrivent-ils
à embrasser l’ombre l’un de
l’autre au moins ? Et qu’est-ce
qu’ils ressentent dans leur
cœur lorsque l’amour semble
si réel ? Shadows, that’s
all you are able to embrace.
Mais qu’importe ? L’illusion
leur suffit, elle leur caresse le
visage avec son souffle brûlant.
Ils ne demandent pas plus. Ils
ont appris, dans leur misère, à 
s'en contenter. Et pourtant ils
peuvent sourire et parfois,
aussi, ils pleurent. 

L’homme: la nuit le laisse,
inquiet, au bord du gouffre.
La solitude lui pèse. Mais il
se souvient: l’aimée existe,
quelque part dans la ville elle
pense à lui avec tendresse et
elle sourit. La pensée de
l’amour : il n’y a que cela
pour nous enlever au désespoir.
Et tantôt l’ombre de l’aimée se
dérobe à notre regard, tantôt,
surgissant de la confusion des
rues dans la ville, elle s’offre à
nous toute entière, débordant
du désir d’être aimée.

Lovers. Les amants. Dans
la pénombre des chambres
ils s’étreignent. Et ils
sourient, on ne peut pas
ne pas le remarquer. Si
dans  leur cœur troublés
le doute subsiste, ils ne
le laissent pas voir. Leurs
visages s’éclairent, radieux,
d’un étrange bonheur.
Happiness may be an
illusion, mais ils ont décidé
de l’ignorer. Ou leur amour 
est fait de tristesse et de joie
en part égales et ils s’y sont
habitués, s’en sont contentés.
Ceux qui les regarderaient 
n’en auraient rien su, cependant.
Leur secret les rend intouchables.
Ils ne renonceront pas. Leur
douloureuse recherche d’une
poignante vérité, d’un destin
abondant de sens, ne s’achèvera
qu’avec la séparation, leur mort.


Wednesday, October 17, 2012

Est-ce que ça vaut la peine?


Cette pauvre dame, qui n'était pas laide ni bête mais avait dépassé la quarantaine, s'est trouvée brusquement, dans une rivalité aussi absurde qu’inattendue, en train de disputer son égaré de mari à une gamine éhontée de 20 ans qu’elle avait reçue chez elle. Dans l'immédiat elle risquait de perdre la bataille. Mais pour combien de temps? Il m’a semblé que c’était le genre de bataille où tout le monde, devenu fou, risquait tôt ou tard de voir s’anéantir ses espérances insensées de plénitude et de connaître un grand malheur.

Pourquoi est-ce que les gens, aveuglés par ce qu’ils appellent naïvement et pompeusement la passion amoureuse, font tant de bêtises, causent tant de souffrance et ruinent parfois leur vie? Au nom de quels espoirs, plaisirs ou illusions?

(J. E. Soice dans ses cahiers secrets)

Thursday, October 11, 2012

Malentendu

Elle – Je t’ai trahi et tu ne vas jamais me pardonner.
Lui – Si je n’étais que ton amant probablement je ne pourrais pas te pardonner. Mais j’étais ton ami et tu ne l'avais pas compris. C’est ça que je ne devrais pas te pardonner.

(J. E. Soice)

Saturday, October 6, 2012

Amor, Locura y Muerte


 Je l’avais aimée, je l’avoue. Mais elle vivait dans un univers de fiction exacerbée et je n’ai compris que trop tard qu’elle m’a confondu avec un de ces personnages à demi fous et tragiques qu'elle rencontrait dans ses lectures. D'ailleurs elle écrivait elle-même des petites histoires pleines de bons sentiments qui n'étaient pas sans intérêt. Et une fois elle m’a envoyé un livre et m’a demandé avec insistance de le lire. Il s’agissait de Cuentos de Amor, de Locura y de Muerte, d’ Horacio Quiroga. J’aurais dû comprendre à ce moment-là, connaissant un peu la vie tragique de l'écrivain uruguayen et l'intrigue de ses histoires non moins dénuées d'événements tragiques, à qui j’avais affaire. Mais est-on censé comprendre immédiatement tout ce qui nous arrive?

Nous avons, avant et après cela, beaucoup parlé, de vive voix ou par écrit. Nous avons beaucoup parlé d’amour, bien entendu, et nous nous sommes souvent répétés que nous nous aimions: elle m’aimait et moi je l’aimais. Oh, combien! Mais lorsque le moment de nous rencontrer, souhaité et fixé par elle-même, est venu, elle a décidé, me surprenant désagréablement, de ne pas venir. Et comme il convenait à sa douce folie, elle ne me l’a annoncé, laconiquement et sans s'excuser, qu’à la dernière minute.  Je me suis souvenu alors que c'était elle qui la première m'avait parlé d'amour, me faisant sourire devant tant de naïveté. Qu'est-ce qu'elle savait de l'amour, étant si jeune, même pas 20 ans? Mais plus tard il semble bien que je me suis laissé tenter et que je suis entré dans son jeu de séduction.

La réalité ne l’intéressait pas, cependant. Mon charme à ses yeux provenait du fait que je vivais dans une autre ville et dans un autre pays, bien loin, ce qui favorisait mon insertion romanesque dans l'univers fantasque dans lequel elle se complaisait. Et il se peut qu’au moment où elle a renoncé à me rencontrer elle ait déjà trouvé un autre amoureux imaginaire, un fou quelconque ou un désespéré aussi perdu dans sa vie qu’elle l’était dans la sienne, disposé celui-là à alimenter et exciter ses égarements en jouant le rôle du personnage invraisemblable et tragique qu’elle avait souhaité me faire jouer à moi. 

Amor, locura y muerte, c´était donc ça qu’elle attendait de moi? Je n’étais pas prêt à jouer ce rôle. Il m'arrive d'être un homme passionné, c'est vrai, mais je suis en général assez prudent et je ne crois que modérément aux sentiments. Et puis je n’allais pas lui faire confiance comme ça, du jour au lendemain, je la savais trop jeune et un peu déboussolée. En plus, comme je l'ai remarqué et continuait de le constater, elle avait un ou deux amis peu recommandables, des sous-développés que je ne pouvais pas blairer.

Je ne prends pas de risques avec des gens que je connais mal et dont je ne suis pas sûr, ma propre folie ne va pas jusqu’à là. Je suis en conséquence sorti de sa fiction dès qu'elle m'a annoncé un soir, à demi essoufflée, visiblement nerveuse et pas du tout à l'aise, qu'elle ne viendrait pas me rejoindre. Il m'a semblé qu'elle n'était pas seule quand elle m'a parlé, il y avait quelqu'un à ses côtés en train de la guider dans sa stupide et héroïque démarche. De toute façon je n'ai pas discuté, je n'ai pas demandé des explications. Et j’ai sans hésitation et tout de suite fui le drame. L'idée d'aller la chercher là où elle était ne m'est même pas venue. Je n'aime pas les mélodrames. Je me suis beaucoup fâché, mais ça c'était plus tard. Je l'ai aussi un peu insultée quelques jours après sans aucune tendresse dans un message que je lui ai adressée par email (je l'ai appelé idiote et mal élevée), ce qui probablement lui a permis de croire qu'elle avait raison de ne pas me prendre au sérieux comme personnage romantique de tragédies à la Quiroga.

C’est ainsi que j’ai raté, par manque de dévotion et de conviction, d'intérêt et de courage - le courage d’aller jusqu’au bout du malheur dans une passion ridicule – ce qui aurait pu être la plus rocambolesque et effrayante histoire d’amour de mon existence par ailleurs monotone. Elle n'était pas une fille banale, loin de là, et si elle n'avait pas une idée très claire de la différence entre le bien et le mal, s’il lui arrivait de tomber en admiration devant des gens assez médiocres mais qui avaient du style, elle possédait, attrait indéniable, le sens du drame et le charme intempestif qui n'appartient qu'aux insensés. Il m’arrive  encore de penser à elle, je le jure, quand à la tombée de la nuit, fatigué de lire ou d'écrire sans arrêt, je me retrouve seul devant un livre qui ne réussit pas à éveiller mon attention. Sa tendre folie me manque, sa naïve arrogance de jeune fille qui découvre son pouvoir me manque, il me manque d'être encore le personnage parfois si aimé de ses touchants délires.    


P. S.

Cher Monsieur,

Je n’ai pas l’honneur de vous connaître. Mais je suis au courant de votre malheur : vous étiez à la portée de son désir et elle vous a permis à vous aussi de l’aimer. Sachez qu’elle ne connaît pas la différence entre le bien et le mal. Elle possède en même temps l’innocence et la pureté des anges et la cruauté et l’indifférence du démon. Rebroussez chemin si vous le pouvez encore, autrement vous finirez à la maison des fous ou à l’hospice.



(J. E. Soice)


Friday, October 5, 2012

Wishful thinking

Ils aimeraient bien être Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Héloïse et Abélard, Daphnis et Chloé. Mais ils n’étaient que Léon et Madame Bovary.

(J. E. Soice dans ses cahiers secrets)

À une jeune amie

Tu ne seras jamais suffisamment vulgaire pour me choquer ni assez méchante pour me faire croire que tu es dégueulasse. Je te connais, tu n'es qu'une gamine, tu me fais sourire avec ton cinéma.

(J. E. Soice à une jeune amie qui aimait scandaliser les gens)

Tuesday, October 2, 2012

Algumas pessoas, algumas cidades


Algumas pessoas, algumas cidades
atravessam a nossa existência; e da
sua travessia fica-nos no espírito, como
se ele fosse um corpo, a confusa e nítida
recordação. O próprio corpo, atento, sente
na sua carne, como se ela fosse espírito,
passar as emoções, elas circulam nele
como num rio que abre o seu peito de
água a quem ousa mergulhar na sua
imprevisível vontade de abraçar. As 
praças, entre as paredes com janelas
das velhas casas, abrem a sua intimidade
aos passos ávidos e ao olhar irreverente
do curioso caminhante. Ele não tem pressa,
os seus passos não perseguem um destino
certo, nenhum lugar ou amor espera por ele.

Pedra amarela polida pelo tempo, pelo sol
e pela chuva. Nela a memória dos homens
e mulheres, das crianças que já morreram
ou nos observam pelos vidros, por detrás
das cortinas brancas. Somos habitados. O
viajante é habitado por emoções e sentimentos,
ele sorri ou observa, circunspecto, sem ele o ter
decidido assaltam-no talvez as perguntas ou
inquietam-no não se sabe que conclusões.
Há as ruas e as árvores que a ladeiam com
a sua sombra. Nos cafés riem raparigas
suavemente, rapazes bebem cerveja e falam.
Nós passamos, quem deu pela nossa existência?
Mas os ruídos e as cores da tarde ou da noite,
os movimentos ou a imobilidade dos braços, os
olhares daqueles que nos cafés e nas ruas com
ancestrais fontes eram a vida, eram o enigma,
eram a prova da nossa própria existência, são
agora, na cidade e nas suas ruas, nas suas casas,
a nossa recordação da pessoa que um dia fomos.
E quem éramos, realmente? Sabemos? Não se
pode prever que papel hão-de desempenhar na
nossa existência as casas e os rostos, os cheiros
e a música que de todos os lados vêm romper
o lago de areia lisa do silêncio. E  das paixões
que, invisíveis, iam agitando os corações e os
espíritos em intrigas que nos eram desconhecidas
nós nada vimos e nunca poderemos falar. Nós
passámos e as cidades atravessaram o nosso
destino como se ele fosse um corpo. Como a
paixão de uma ou de muitas mulheres se
intrometeu no nosso destino para nos ensinar
o que é o amor e nos deixar entrever o que será
a morte, as cidades atravessaram-nos. Porque o
amor com que nós sonhamos, aquele de que se
alimentava a nossa imaginação, era apenas uma
ideia. Coisa livresca, afinal. O que era o amor
nós aprendemo-lo com aquelas que nos amaram.
Tê-las conhecido e ter sido amado por elas fez-nos
talvez lamentar os exageros despropositados da 
alegria e da dor. E sem razão rimos, outras vezes
apeteceu-nos chorar. No seu ventre onde fermenta
a escuridão, a paixão guarda, escondida dos olhares
que não a sabem ver e ainda não a poderiam
compreender, a tortura do ciúme e a incapacidade  
de alguma vez chegar. Maldição é viajar sem destino
que seja certo? Primeiro elas apunhalaram-nos com
o calor húmido da sua excitação imerecida e sem
limites. E depois, a frio, talvez sem premeditação,
arrancaram-nos do coração e do espírito o espinho
maligno da ilusão, o mal-entendido da esperança.
E um dia finalmente ficámos a saber o que é a
fidelidade e o que é a traição. Mestra da sabedoria,
a traição é uma semente que germinou na terra dos
sentimentos mais puros. Viveu escondida nos sorrisos
e no apetite devorador e insensato dos desejos
veementes. Mas a nós foi-nos revelado o segredo.

Nada é o que parecia ser. A aprendizagem nunca
terá fim. E quem tem culpa de não poder amar
duradoiramente? Os anos vão passando e nós não
queremos conformar-nos com a degradação do
projecto e do ideal. Mas morrer passa tão
despercebido. A folha caiu da árvore e o céu não
escureceu, irritado ou surpreendido, nenhum
soluço ou grito de revolta ou dor rompeu a
serenidade do fim da tarde na cidade que
adormecia no seu silêncio. Tendo recebido a
dádiva da revelação, nós entendemos que a nossa
aprendizagem do amor e da morte não ficará
imperfeita. Nem se poderá dizer que ficou incompleta
a nossa educação. Ver de perto a fronteira nebulosa
que separa a verdade da mentira, o amor do desamor,
a devoção do desprezo, transformou-nos. A ser
atravessados pelas cidades e pelo amor das
mulheres, íamos ficando adultos. E uma noite,
finalmente, perplexos no meio da avenida
da cidade desconhecida, noutro país, noutro
continente, pudemos gritar: sou um  homem enfim,
já sei que tudo me pode acontecer. Entendemos que
o amor tal como o tínhamos imaginado não existe
verdadeiramente. Nada é como nos ensinaram ou
nós o quisemos aprender. Penetrar nos atalhos
tortuosos da nossa humanidade é uma ocupação
interminável. Somos o bem e o mal, generosos
no amor e na distracção, heróis e cobardes.
E na carne do espírito habituamo-nos à decepção
e a não esperar. É como aprender a falar. Em cada
episódio da nossa existência restaura-se a ingénita
ignorância. O sentido das palavras deixou de estar
preso à terra das origens, às raízes das árvores no país
da infância. A certeza e a dúvida não passam de acidentes
no caminho que leva à ignorância, essa sabedoria. E
desvendar é uma ocupação que nunca terá fim. Mas
o mistério existe, existirá o enigma? A tudo o que
nos acontece nós chamamos o nosso destino.
Colamos as palavras e as imagens recortados no 
filme inacabado, recordações do dia ou da noite em
sucessivas estações, queremos escapar à confusão
e à desordem que sempre nos ameaçam. Para que não
fiquem perdidos na imensidão do caos os episódios
da história, nós procuramos ou inventamos o todo
em que se inserem as partes. As ruas da cidade,
os seus cafés, as árvores da avenida e os seus
transeuntes ressurgem do esquecimento, cheias de
alma. As palavras daquela que nós amámos, os seus
gestos e as expressões do seu rosto podem permanecer
para sempre incompreensíveis. Nós mesmos já não
sabemos  se é acertado chamar amor ao que
sentimos nem como interpretar as  frases que
nos pareceu que ouvimos. Mas o que aconteceu,
o que nós pensámos do que aconteceu, o que nós
vimos e ouvimos não pode ser apagado da memória
nem perde a sua realidade. O corpo e o espírito foram
atravessados pelo movimento da vida. Pelas sombras
e pela luz. Pelo sussurro do vento nas folhas das árvores,
pelo cantar da água discreta nas fontes e nos pequenos
rios. Pela inocência. E tantas vezes  renunciámos ao amor.
O que não aconteceu também faz parte da história. 
que é o remorso? Porque é impossível esquecer?  



A grande cidade


A grande cidade, com a confusão das suas ruas e avenidas, assemelhava-se a uma longa frase, talvez a um longo poema, talvez a um romance. Muita coisa a ler, a organizar, a interpretar. As luzes e as cores, os rostos das pessoas e os automóveis, as árvores e o rio, tudo eram fragmentos da grande totalidade à espera de ser habitada e desvendada na epopeia cheia de sentido. Na avidez e inquietação da leitura havia de  construir-se a narrativa pessoal.

Rapazes e raparigas, inflamados pela ambição de ter um destino dominado pelo ardor, diziam-se uns aos outros nos bares entre duas cervejas ou duas tequilas os episódios da sua perplexidade. A excitação da descoberta e da posse fazia brilhar nos seus olhos meio ébrios e ávidos a tentação de uma grande perdição, de uma felicidade estrondosa e sem nome conhecido. Às vezes falavam de amor.

As manhãs nasciam, serenas. Pouco a pouco a cidade ia envelhecendo. Adolescente à tarde, ameaçada à noite pelo delírio que arrasta aquele que entrevê o fim próximo para a perdição de si mesmo. É esse o nosso destino: queimam-nos o rosto e os olhos o fogo do pressentimento e a atracção pelo abismo. Como fugir-lhe?


(J. E. Soice)

Saturday, September 29, 2012

Petites histoires bêtes



Femme– Est-ce que tu m’aimeras toujours ?
Homme – Toujours.
Femme – Comment tu sais ?
Homme – Je ne le sais pas, mais j'y crois.
***

Homme - Est-ce que je t’ai manqué ?
Femme – Terriblement.
Homme – Tu ne m’as pas appelé, pourtant.
Femme – Zut ! J’ai oublié !

***

Elle – Je suis navrée de t’avoir fait du mal.
Lui – C’est pas grave, oublie. J’ai déjà oublié.
Elle – Mais je ne le regrette toujours pas, il faut que tu le saches.
Lui – Maintenant je le sais, merci.

Wednesday, September 26, 2012

Une fille que j’ai connue


Je parlais à celle qui
avait l’air de m’écouter.
Elle souriait, ses yeux
brillaient.

Plus tard j’ai compris :
le sens des mots
lui échappait, elle
n’aimait que le son,
la musique de ma voix.

Je lui ai dit : mais alors ?
Elle a répondu : eh ben, ouais,
c’est comme ça, j’suis désolée.

Je n’en revenais pas. Je l’ai
vu s’éloigner, joyeuse et
heureuse, bête, oh, si bête.  

Ainsi sont les jeunes filles.


(J. E. Soice) 

Monday, September 24, 2012

Language-games

Dans certains messages que l’on reçoit il y a des phrases qui ne sont là que pour servir de papier d’emballage et de ficelle à celles où quelque chose d’important essaie d’être dit. Une fois qu’on a compris cela on peut sourire devant tant de naïveté, mais c'est souvent comme ça que les choses se passent. Le problème n'est pas résolu, il faut le savoir. Mais c'est déjà le début de quelque chose, car c'est dans les failles du discours que se laisse entrevoir et s'annonce la vérité pour le moment tue et cachée. En résumé: on a progressé. Il faut ensuite savoir attendre, ne rien forcer.

Saturday, September 22, 2012

Dowland: My thoughts are wing'd with hopes

Décomposition

Un de mes amis, musicien et compositeur, m’a dit un jour qu’il était en train de décomposer un Do dans ses divers éléments. Je ne suis pas musicien, je ne comprends peut-être pas très bien ce qu’il voulait dire. Mais il me semble que ce qui me pousse encore à écrire c’est quelque chose de semblable. L’apparente clarté et simplicité d’un événement ou d’un sentiment sont trompeuses : une fois soumis à une analyse non dénuée d’obsession et de passion, l’événement ou le sentiment en apparence le plus banal, le plus clair, le plus simple, se révèle d’une complexité et d’une richesse de détails insoupçonnée (et contradictoire, cela va de soi). Et c’est la réalité elle-même qui, une fois décomposée dans ses particules, démasquée, cesse d’être insignifiante ou une simple répétition du déjà vu ou connu.

Thursday, September 20, 2012

A stupid story


It happened to me several times. It's a stupid story. I was mad at a woman and said: never talk to me again, never write to me again, I don't want to know anything about you, LEAVE ME ALONE. Then later sometimes I would think: why is it that she never contacted me or talked to me again? And I would conclude: Women, they are all the same.

They wouldn't talk to me but they were still spying on me and had been talking about my life to their friends who were telling crazy stories about me (and spying on what I was doing and writing). I was upset but could do nothing. You will never know what people will become when they stop being in your life. You will never know either what people will do of what they think they learned about you once they are gone.

(All this by J. E. Soice, of course).

Wednesday, September 19, 2012

Fear of beauty


I asked her if she believed in God and she looked at me surprised. I told her:
- If you believe in God, tell him to stop torturing me.
She said: 
- What's going on, I don't understand. 
Then I explained: 
- Why did I have to know you? Was it not enough to believe or imagine that you existed? Now it's too late, my life will be hell, I cannot stop loving you and I am aware that you cannot love me. 
She listened to me but didn't say anything.

That girl in particular was so beautiful, I liked her so much, that after a while I preferred to stay away from her. For some reason she made me think of my young and very beautiful mother. I thought: I could love her so much that she would drive me crazy; or I will discover that she is so different from what I think she is that she may disappoint me. I decided that I didn't want neither of that to happen.

Beauty is intimidating, isn't it?

Yes, beauty is intimidating. Women should be careful, particularly when they are young, because if they look too beautiful and too much in control of everything, men fear them; they will not dare to fall in love with a goddess.



J. E. Soice (in his secret notebook)

Graça de Deus (Luís Góis)

Tuesday, September 11, 2012

La Lloroncita (Christina Pluhar)

You and me


Of my loneliness you knew nothing.
Would you come if I called you?
About you I knew little. We never
talked about love, how could we? I
wrote to you and you answered me.
It kept me busy. Still I couldn’t find,
buried between the lines of your
phrases,  the confession of  your love.
Was I expecting too much?  I guess. 

Love and poetry


Love and poetry
On love and poetry I talked
frequently. Not knowing
what love is, I didn’t talk
as a sage; nor did I show
cautiousness . And who
can pretend to know what
poetry is? Even so, I talked.


I had an excuse: my own
foolish words would later
prove at my eyes how
ignorant I am. Aware of
my ignorance, I would
regret them. And I would
finally start to understand
what love and poetry really
are about. Was I wrong?

She said


She said: I love you.
Does she know that
words, like guns,
can kill a man? 

You surprised me


You were so beautiful in your
new skirt. Blue with little white
balloons. Your hair falling on your
shoulders, your naked legs that I
had not seen before. Even your face
was changed, I saw some color on
your lips. You didn’t stare at me
so lovingly as usually. Maybe you
felt a bit shy for being so beautiful.

When the lecture ended I asked if
you wanted to come with me. But
you said you are very busy right
now. And you left. Later, at home,
when the night fell, I could not
forget you. I shouldn't say it, but
maybe I love you. I will never have
your love, though, it’s too late for me.
My heart is in pain, I can’t sleep.

Sunday, September 9, 2012

R. M. Rilke: Going Blind



She sat just like the others at the table.
But on second glance, she seemed to hold her cup
a little differently as she picked it up.
She smiled once. It was almost painful.

And when they finished and it was time to stand
and slowly, as chance selected them, they left
and moved through many rooms (they talked and laughed),
I saw her. She was moving far behind

the others, absorbed, like someone who will soon
have to sing before a large assembly;
upon her eyes, which were radiant with joy,
light played as on the surface of a pool.

She followed slowly, taking a long time,
as though there were some obstacle in the way;
and yet: as though, once it was overcome,
she would be beyond all walking, and would fly. 

Rainer Maria Rilke

(Translated by Stephen Mitchell) 

Sunday, September 2, 2012

JED 9


Tu as rêvé de moi,
c’est ce que tu dis.
Que tu m’as embrassé,
que sur mes lèvres tu as
déposé le miel de ton
amour fou. C’est peut-être
vrai, pourquoi pas ? La
nuit j’essaie de dormir.
Et je ne peux pas oublier
ton sourire ni tes yeux,
je caresse ton corps, je te
serre tendrement contre
moi. Nous rêvons l’un de
l’autre. Mais qu’arrivera-t-il
quand, enfin réunis, au lieu du
fantasme de l’imagination
nous nous trouverons face à
face avec le vrai visage l’un
de l’autre? Qu’arrivera-t-il ?

(J. E. Soice)

JED 8


Depuis longtemps le vide régnait. Puis, un jour, du néant surgit l’amour. Le vide fut oublié et celui qui était aimé a cessé de se plaindre de son sort, n’a plus trouvé que la vie, la sienne et celle de tout le monde, manquait de sens. Il n’était que l’acteur nouveau jouant un rôle connu dans une vieille histoire, souvent répétée, mais il en était heureux. 

L’amour l’avait ressuscité de son tombeau. Parfois, cependant, il avait peur : si celle qu’il aimait cessait de l’aimer qu’adviendrait-il de lui ? Il savait ce qui arriverait si ce malheur tombait sur lui : le néant, le vide, à nouveau le laisseraient, mort-vivant, enseveli dans son destin ignoble où se dégraderait son existence. 

Mais s’il lui arrivait de douter de l’amour, vite il détournait sa pensée des soucis menaçants. Pourquoi les dieux, s’ils existaient et étaient responsables de ce qui toujours lui arrivait - le bien et le mal – le laisseraient-ils tomber? Non, non, se disait-il, c’est moi qui n’ai pas l’habitude du bonheur. 

En fait le vide était toujours là : c’est dans son ventre affamé que l’amour et la peur de l’amour avaient fait leur lit. 

(J. E. Soice)

Friday, August 31, 2012

Spleen


Faute de mieux, on en
parle, on en parlera.

Ça ne changera rien
à la sécheresse  des jours
ou peut-être arriverons-nous
à une conclusion, qui sait?

Nous sommes toujours le
personnage principal de la
nouvelle ou du roman,
c’est déjà ça. Il peut
toujours se passer encore
quelque chose d’inattendu,
une voie s’ouvrira devant
nos yeux avides et nous
partirons en voyage à nouveau,
comme dans les bons vieux temps.

C’est la faute à qui que l’on
se sente abandonné, perdu
dans l’immensité du chaos,
désintéressé des fils de l’intrigue,
des milliers d’intrigues qui nous
remettraient dans la passion de
vivre? C’est la faute à qui?

Bien sûr, il y a encore les 
jeunes filles, elles sourient et
leurs lèvres s’ouvrent timidement
quand elles nous regardent.
Dans leurs yeux qui n’ont pas
encore connu la déception ni
regardé de près le masque du
mensonge nous pouvons, en
les écoutant timidement parler,
rêver de l’existence telle qu’on
nous l’avait promise dans nos 
jeunes années. Mais elles
non plus n’échapperont à la
malédiction et très vite,
détrompées, déçues, elles nous
joindront dans la frustration, dans
le regret des jours innocents.

Ainsi se répète sans espoir de
changement notre destin dominé
par l’ombre et par le mensonge.
Faute de mieux, on en parle,
on continuera d’en parler.

(J. E. Soice)