Friday, August 31, 2012

Spleen


Faute de mieux, on en
parle, on en parlera.

Ça ne changera rien
à la sécheresse  des jours
ou peut-être arriverons-nous
à une conclusion, qui sait?

Nous sommes toujours le
personnage principal de la
nouvelle ou du roman,
c’est déjà ça. Il peut
toujours se passer encore
quelque chose d’inattendu,
une voie s’ouvrira devant
nos yeux avides et nous
partirons en voyage à nouveau,
comme dans les bons vieux temps.

C’est la faute à qui que l’on
se sente abandonné, perdu
dans l’immensité du chaos,
désintéressé des fils de l’intrigue,
des milliers d’intrigues qui nous
remettraient dans la passion de
vivre? C’est la faute à qui?

Bien sûr, il y a encore les 
jeunes filles, elles sourient et
leurs lèvres s’ouvrent timidement
quand elles nous regardent.
Dans leurs yeux qui n’ont pas
encore connu la déception ni
regardé de près le masque du
mensonge nous pouvons, en
les écoutant timidement parler,
rêver de l’existence telle qu’on
nous l’avait promise dans nos 
jeunes années. Mais elles
non plus n’échapperont à la
malédiction et très vite,
détrompées, déçues, elles nous
joindront dans la frustration, dans
le regret des jours innocents.

Ainsi se répète sans espoir de
changement notre destin dominé
par l’ombre et par le mensonge.
Faute de mieux, on en parle,
on continuera d’en parler.

(J. E. Soice)

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