Friday, August 31, 2012

Spleen


Faute de mieux, on en
parle, on en parlera.

Ça ne changera rien
à la sécheresse  des jours
ou peut-être arriverons-nous
à une conclusion, qui sait?

Nous sommes toujours le
personnage principal de la
nouvelle ou du roman,
c’est déjà ça. Il peut
toujours se passer encore
quelque chose d’inattendu,
une voie s’ouvrira devant
nos yeux avides et nous
partirons en voyage à nouveau,
comme dans les bons vieux temps.

C’est la faute à qui que l’on
se sente abandonné, perdu
dans l’immensité du chaos,
désintéressé des fils de l’intrigue,
des milliers d’intrigues qui nous
remettraient dans la passion de
vivre? C’est la faute à qui?

Bien sûr, il y a encore les 
jeunes filles, elles sourient et
leurs lèvres s’ouvrent timidement
quand elles nous regardent.
Dans leurs yeux qui n’ont pas
encore connu la déception ni
regardé de près le masque du
mensonge nous pouvons, en
les écoutant timidement parler,
rêver de l’existence telle qu’on
nous l’avait promise dans nos 
jeunes années. Mais elles
non plus n’échapperont à la
malédiction et très vite,
détrompées, déçues, elles nous
joindront dans la frustration, dans
le regret des jours innocents.

Ainsi se répète sans espoir de
changement notre destin dominé
par l’ombre et par le mensonge.
Faute de mieux, on en parle,
on continuera d’en parler.

(J. E. Soice)

Thursday, August 23, 2012

About plots


 Why is it that bad writers are unable to write good novels even when they have a good plot?

 P. S. There are no good plots. Only good writers. :-)

Monday, August 20, 2012

No hablaba inglés


Ronnie Shakes: "After twelve years of therapy my psychiatrist said something that brought tears to my eyes. He said: 'No hablo inglés'."

Sunday, August 19, 2012

Prouve-le!

Elle me l’a répété si souvent :
- Je t’aime, je t’aime beaucoup.
Et encore:
-Tu es mon mari et je suis ta femme. Jamais je ne te décevrai!
Et pourtant on n'était pas mariés. 

Un jour, pour être sûr de son amour, je l’ai mise à l’épreuve :
- Prouve-le, que tu m’aimes.
Et elle a été incapable de le prouver.

Joseph Edward Soice (dans ses Cahiers secrets)

Saturday, August 18, 2012

About bad behavior



We think we understand the reasons why people behave as they do. Do we, really? The lover that “betrays” his or her partner, for example, may very well love him or her sincerely (whatever that means…). And even so he or she may very well enjoy having an affair because it gives him or her a feeling of self-sufficiency, reinforcing his or her sense of individual identity (in a relationship the frontiers between you and me tend in general to be diluted).

Escaping for a while his or her so well organized and predictable life, forgetting for a while his or her responsibilities, getting into a state of exciting mental confusion and of uncertainty may be the reason why many people “betray” each other in relationships. It may be very electrifying indeed to feel a bit lost and confused for a while and not so sure of what may or may not happen. But who would easily accept that kind of explanation or justification from his or her partner without pain? Would I?

P.S. I should also have mentioned that sometimes children or adolescents in particular behave surprisingly badly (irresponsibly), doing the most inappropriate and stupid things, just to prove their parents that they will do whatever they want and like and have no fucking justification to give to anybody. "Got it, dad and mom? I am the boss here!!" Are they? Forgive them if you can, be patient. But make it clear to them that they have to assume the consequences of their bad behavior, that there are limits not to be surpassed. They will hate you enormously most probably for a while but take it without getting angry yourself. Anyway, they are not in general as bad as they want us to believe they are.

Thursday, August 16, 2012

Forever

I told her:
- I will love you forever, after you nobody else, I want to die!
She said:
- Oh, Joseph!
Then I did not love her forever. And I am still alive.

J. E. Soice (in his secret Notebook)

"Language games"


Le langage est un instrument suffisamment souple pour permettre toute sorte d’utilisations. On s’en sert selon nos besoins et intentions. La grammaire du langage vrai et la grammaire du mensonge sont les mêmes exactement. La question de la vérité peut être essentielle dans la vie réelle aussi bien qu’un problème philosophique complexe. Mais les règles des « jeux de langage » n’obligent aucun des interlocuteurs à parler vrai. Celui qui parle ou écrit a une autre vie ailleurs. Ce qui est important c’est que ça paraisse vrai. Et pour que ça paraisse vrai il suffit que questions et réponses, commentaires et observations semblent cohérents dans le contexte où ils et elles prennent place et maintiennent l’apparence de vérité nécessaire à tout échange de paroles.

Il m’est arrivé d’être engagé dans une conversation sans croire à un seul mot de mon interlocuteur ou interlocutrice. Il m’a suffi dans ces cas là de faire semblant de croire à ce qu’on me disait et de répondre dans tous les cas de la façon la plus correcte et convaincante en fonction des circonstances particulières. L’important c’était de maintenir à mon propos l’illusion de sincérité et de 
vérité chez mon interlocuteur à fin qu’il puisse, ignorant de ma connaissance de ce qui était en train d'avoir lieu, continuer à jouer son jeu jusqu'au but. On me racontait des histoires, on voulait que je joue un rôle particulier dans une combine quelconque. J’ai accepté de jouer ce rôle avec curiosité et le jeu a en conséquence très bien marché.

Bien entendu, dans ce genre de situations on est obligé de se laisser prendre pour un imbécile: on est celui qui ne sait pas quel jeu on est train de jouer; mais on le joue gentiment, comme si on ignorait que tout est faux, et se laissant prendre pour un con. On est volontairement dupe, on joue le rôle du candide. Mais c’est précisément ce qu’on attend de nous et ce qui permet au jeu de se dérouler de façon parfaite. Il y a des jeux si passionnants qu’ils méritent qu’on s’y laisse prendre. Le mensonge, où se révèlent à des yeux lucides des aspects cachés ou non soupçonnés de la personnalité du menteur, est souvent beaucoup plus intéressant et révélateur que la vérité.

Et puis, il est vrai, le moment arrive où on en a assez de jouer. On se barre, le jeu est fini. 


(July, 21, Aix)

Loving and hating



We don't stop loving the woman we loved. We just start hating her a bit to make things more interesting for us and for her. Anyway they always come knock on our door soon or later. And if we are at home it may even happen that we answer them. I say these things smiling because frequently women take stupid decisions for a while and then regret it. No, it's not true always, and sometime it takes years to hear about them again. That's why we better get busy with more serious stuff meanwhile.

Au café


J’étais en train de lire dans un café et dans une table à côté il y avait un jeune couple en train de s’embrasser. Ils se touchaient les mains et parlaient en sourdine. L’amour est toujours beau à voir, n’est-ce pas ? J’essayais de me concentrer sur mon livre, ce n’était pas facile.
À un moment donné le garçon a dit :
- Je t’aime beaucoup.
Elle a répondu:
- Je t’aime aussi, tu sais ?
J’é
coutais ce qu’ils disaient malgré moi. Je n’ai pas levé la tête de mon livre. Un peu plus tard il a continué :
- Tu me répètes que tu m’aimes, mas je suis toujours inquiet.
Elle a répondu:
- Pourquoi inquiet ? Il n’y a pas de raison. Je t’aime, c’est aussi simple que ça.
Pause. Silence. Ils s’embrassaient à nouveau, tendrement. Un peu après il a repris le dialogue. Il y avait dans sa voix une certaine tristesse :
- Oui, tu le dis souvent. Mais est-ce que tu m’aimes assez pour ne pas aimer quelqu’un d’autre ?
Il a hésité puis il a repris :
- Pour ne pas coucher avec un autre homme, par exemple ?
Elle a répondu tout de suite :
- Je t’aime, c’est sûr, mais il peut arriver que je couche avec quelqu’un d’autre, je ne sais pas. Et toi aussi, non ?
Étonné, j’ai levé la tête et j’ai regardé dans leur direction. Le garçon s’était éloigné de la fille, avait enlevé sa main et était devenu très pâle. Il la regardait mais restait silencieux, abasourdi. Sans rien dire, il s’est levé et il est parti. Elle avait essayé de le retenir, avait pris son bras et allait parler. Mais il s’était libéré, gentiment mais fermement, et ne lui avait pas laissé le temps. Calmement, elle a allumé une cigarette. Elle soutenait sa tête avec ses mains et son regard se perdait dans le vague, comme si elle aussi s’était absentée.

Sophismes


1. "L'amour inconditionnel" consiste en ceci: je ferai ce que je veux, il n'y aura pas des limites à mes désirs ni à ma liberté. Est-ce que tu acceptes cette condition?

2. ll s'ensuit que lorsqu'on tombe amoureux on risque de commencer à agir contre ses propres intérêts.

P. S. Ou est-ce que je me trompe?

Wednesday, August 15, 2012

JED?


On m'a demandé que signifiait le titre JED de plusieurs poèmes que j'ai publiés ici . J'ai transmis la question à Joseph Edward Soice, l'auteur des poèmes, et il m'envoya un email expliquant qu'ayant souffert pendant plusieurs semaines d'une crise d'identité, il avait voulu en laisser témoignage dans ses modestes écrits. "Par moments j'ai cru m'appeler Doice et non Soice et tout en sachant que je suis Soice et pas du tout Doice je continuais à me croire Doice", m'a-t-il expliqué. Et il ajouta: "c'est un trouble de la personnalité que je m'explique difficilement et qui prouve que ce qu'on est et ce que l'on croit être sont des mystères qui échappent au raisonnement".

Et voilà. Espérons qu'il va mieux maintenant - ou pire! :-)