Tuesday, October 23, 2012

Lovers


…. Aren’t lovers always
reaching borders, each in the other,
despite the promise of vastness, royal hunting, home ?

R. M. Rilke (translated by Edward Snow)

Lovers. Les amants. Ils
s’étreignent, mais arrivent-ils
à embrasser l’ombre l’un de
l’autre au moins ? Et qu’est-ce
qu’ils ressentent dans leur
cœur lorsque l’amour semble
si réel ? Shadows, that’s
all you are able to embrace.
Mais qu’importe ? L’illusion
leur suffit, elle leur caresse le
visage avec son souffle brûlant.
Ils ne demandent pas plus. Ils
ont appris, dans leur misère, à 
s'en contenter. Et pourtant ils
peuvent sourire et parfois,
aussi, ils pleurent. 

L’homme: la nuit le laisse,
inquiet, au bord du gouffre.
La solitude lui pèse. Mais il
se souvient: l’aimée existe,
quelque part dans la ville elle
pense à lui avec tendresse et
elle sourit. La pensée de
l’amour : il n’y a que cela
pour nous enlever au désespoir.
Et tantôt l’ombre de l’aimée se
dérobe à notre regard, tantôt,
surgissant de la confusion des
rues dans la ville, elle s’offre à
nous toute entière, débordant
du désir d’être aimée.

Lovers. Les amants. Dans
la pénombre des chambres
ils s’étreignent. Et ils
sourient, on ne peut pas
ne pas le remarquer. Si
dans  leur cœur troublés
le doute subsiste, ils ne
le laissent pas voir. Leurs
visages s’éclairent, radieux,
d’un étrange bonheur.
Happiness may be an
illusion, mais ils ont décidé
de l’ignorer. Ou leur amour 
est fait de tristesse et de joie
en part égales et ils s’y sont
habitués, s’en sont contentés.
Ceux qui les regarderaient 
n’en auraient rien su, cependant.
Leur secret les rend intouchables.
Ils ne renonceront pas. Leur
douloureuse recherche d’une
poignante vérité, d’un destin
abondant de sens, ne s’achèvera
qu’avec la séparation, leur mort.


Wednesday, October 17, 2012

Est-ce que ça vaut la peine?


Cette pauvre dame, qui n'était pas laide ni bête mais avait dépassé la quarantaine, s'est trouvée brusquement, dans une rivalité aussi absurde qu’inattendue, en train de disputer son égaré de mari à une gamine éhontée de 20 ans qu’elle avait reçue chez elle. Dans l'immédiat elle risquait de perdre la bataille. Mais pour combien de temps? Il m’a semblé que c’était le genre de bataille où tout le monde, devenu fou, risquait tôt ou tard de voir s’anéantir ses espérances insensées de plénitude et de connaître un grand malheur.

Pourquoi est-ce que les gens, aveuglés par ce qu’ils appellent naïvement et pompeusement la passion amoureuse, font tant de bêtises, causent tant de souffrance et ruinent parfois leur vie? Au nom de quels espoirs, plaisirs ou illusions?

(J. E. Soice dans ses cahiers secrets)

Thursday, October 11, 2012

Malentendu

Elle – Je t’ai trahi et tu ne vas jamais me pardonner.
Lui – Si je n’étais que ton amant probablement je ne pourrais pas te pardonner. Mais j’étais ton ami et tu ne l'avais pas compris. C’est ça que je ne devrais pas te pardonner.

(J. E. Soice)

Saturday, October 6, 2012

Amor, Locura y Muerte


 Je l’avais aimée, je l’avoue. Mais elle vivait dans un univers de fiction exacerbée et je n’ai compris que trop tard qu’elle m’a confondu avec un de ces personnages à demi fous et tragiques qu'elle rencontrait dans ses lectures. D'ailleurs elle écrivait elle-même des petites histoires pleines de bons sentiments qui n'étaient pas sans intérêt. Et une fois elle m’a envoyé un livre et m’a demandé avec insistance de le lire. Il s’agissait de Cuentos de Amor, de Locura y de Muerte, d’ Horacio Quiroga. J’aurais dû comprendre à ce moment-là, connaissant un peu la vie tragique de l'écrivain uruguayen et l'intrigue de ses histoires non moins dénuées d'événements tragiques, à qui j’avais affaire. Mais est-on censé comprendre immédiatement tout ce qui nous arrive?

Nous avons, avant et après cela, beaucoup parlé, de vive voix ou par écrit. Nous avons beaucoup parlé d’amour, bien entendu, et nous nous sommes souvent répétés que nous nous aimions: elle m’aimait et moi je l’aimais. Oh, combien! Mais lorsque le moment de nous rencontrer, souhaité et fixé par elle-même, est venu, elle a décidé, me surprenant désagréablement, de ne pas venir. Et comme il convenait à sa douce folie, elle ne me l’a annoncé, laconiquement et sans s'excuser, qu’à la dernière minute.  Je me suis souvenu alors que c'était elle qui la première m'avait parlé d'amour, me faisant sourire devant tant de naïveté. Qu'est-ce qu'elle savait de l'amour, étant si jeune, même pas 20 ans? Mais plus tard il semble bien que je me suis laissé tenter et que je suis entré dans son jeu de séduction.

La réalité ne l’intéressait pas, cependant. Mon charme à ses yeux provenait du fait que je vivais dans une autre ville et dans un autre pays, bien loin, ce qui favorisait mon insertion romanesque dans l'univers fantasque dans lequel elle se complaisait. Et il se peut qu’au moment où elle a renoncé à me rencontrer elle ait déjà trouvé un autre amoureux imaginaire, un fou quelconque ou un désespéré aussi perdu dans sa vie qu’elle l’était dans la sienne, disposé celui-là à alimenter et exciter ses égarements en jouant le rôle du personnage invraisemblable et tragique qu’elle avait souhaité me faire jouer à moi. 

Amor, locura y muerte, c´était donc ça qu’elle attendait de moi? Je n’étais pas prêt à jouer ce rôle. Il m'arrive d'être un homme passionné, c'est vrai, mais je suis en général assez prudent et je ne crois que modérément aux sentiments. Et puis je n’allais pas lui faire confiance comme ça, du jour au lendemain, je la savais trop jeune et un peu déboussolée. En plus, comme je l'ai remarqué et continuait de le constater, elle avait un ou deux amis peu recommandables, des sous-développés que je ne pouvais pas blairer.

Je ne prends pas de risques avec des gens que je connais mal et dont je ne suis pas sûr, ma propre folie ne va pas jusqu’à là. Je suis en conséquence sorti de sa fiction dès qu'elle m'a annoncé un soir, à demi essoufflée, visiblement nerveuse et pas du tout à l'aise, qu'elle ne viendrait pas me rejoindre. Il m'a semblé qu'elle n'était pas seule quand elle m'a parlé, il y avait quelqu'un à ses côtés en train de la guider dans sa stupide et héroïque démarche. De toute façon je n'ai pas discuté, je n'ai pas demandé des explications. Et j’ai sans hésitation et tout de suite fui le drame. L'idée d'aller la chercher là où elle était ne m'est même pas venue. Je n'aime pas les mélodrames. Je me suis beaucoup fâché, mais ça c'était plus tard. Je l'ai aussi un peu insultée quelques jours après sans aucune tendresse dans un message que je lui ai adressée par email (je l'ai appelé idiote et mal élevée), ce qui probablement lui a permis de croire qu'elle avait raison de ne pas me prendre au sérieux comme personnage romantique de tragédies à la Quiroga.

C’est ainsi que j’ai raté, par manque de dévotion et de conviction, d'intérêt et de courage - le courage d’aller jusqu’au bout du malheur dans une passion ridicule – ce qui aurait pu être la plus rocambolesque et effrayante histoire d’amour de mon existence par ailleurs monotone. Elle n'était pas une fille banale, loin de là, et si elle n'avait pas une idée très claire de la différence entre le bien et le mal, s’il lui arrivait de tomber en admiration devant des gens assez médiocres mais qui avaient du style, elle possédait, attrait indéniable, le sens du drame et le charme intempestif qui n'appartient qu'aux insensés. Il m’arrive  encore de penser à elle, je le jure, quand à la tombée de la nuit, fatigué de lire ou d'écrire sans arrêt, je me retrouve seul devant un livre qui ne réussit pas à éveiller mon attention. Sa tendre folie me manque, sa naïve arrogance de jeune fille qui découvre son pouvoir me manque, il me manque d'être encore le personnage parfois si aimé de ses touchants délires.    


P. S.

Cher Monsieur,

Je n’ai pas l’honneur de vous connaître. Mais je suis au courant de votre malheur : vous étiez à la portée de son désir et elle vous a permis à vous aussi de l’aimer. Sachez qu’elle ne connaît pas la différence entre le bien et le mal. Elle possède en même temps l’innocence et la pureté des anges et la cruauté et l’indifférence du démon. Rebroussez chemin si vous le pouvez encore, autrement vous finirez à la maison des fous ou à l’hospice.



(J. E. Soice)


Friday, October 5, 2012

Wishful thinking

Ils aimeraient bien être Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Héloïse et Abélard, Daphnis et Chloé. Mais ils n’étaient que Léon et Madame Bovary.

(J. E. Soice dans ses cahiers secrets)

À une jeune amie

Tu ne seras jamais suffisamment vulgaire pour me choquer ni assez méchante pour me faire croire que tu es dégueulasse. Je te connais, tu n'es qu'une gamine, tu me fais sourire avec ton cinéma.

(J. E. Soice à une jeune amie qui aimait scandaliser les gens)

Tuesday, October 2, 2012

Algumas pessoas, algumas cidades


Algumas pessoas, algumas cidades
atravessam a nossa existência; e da
sua travessia fica-nos no espírito, como
se ele fosse um corpo, a confusa e nítida
recordação. O próprio corpo, atento, sente
na sua carne, como se ela fosse espírito,
passar as emoções, elas circulam nele
como num rio que abre o seu peito de
água a quem ousa mergulhar na sua
imprevisível vontade de abraçar. As 
praças, entre as paredes com janelas
das velhas casas, abrem a sua intimidade
aos passos ávidos e ao olhar irreverente
do curioso caminhante. Ele não tem pressa,
os seus passos não perseguem um destino
certo, nenhum lugar ou amor espera por ele.

Pedra amarela polida pelo tempo, pelo sol
e pela chuva. Nela a memória dos homens
e mulheres, das crianças que já morreram
ou nos observam pelos vidros, por detrás
das cortinas brancas. Somos habitados. O
viajante é habitado por emoções e sentimentos,
ele sorri ou observa, circunspecto, sem ele o ter
decidido assaltam-no talvez as perguntas ou
inquietam-no não se sabe que conclusões.
Há as ruas e as árvores que a ladeiam com
a sua sombra. Nos cafés riem raparigas
suavemente, rapazes bebem cerveja e falam.
Nós passamos, quem deu pela nossa existência?
Mas os ruídos e as cores da tarde ou da noite,
os movimentos ou a imobilidade dos braços, os
olhares daqueles que nos cafés e nas ruas com
ancestrais fontes eram a vida, eram o enigma,
eram a prova da nossa própria existência, são
agora, na cidade e nas suas ruas, nas suas casas,
a nossa recordação da pessoa que um dia fomos.
E quem éramos, realmente? Sabemos? Não se
pode prever que papel hão-de desempenhar na
nossa existência as casas e os rostos, os cheiros
e a música que de todos os lados vêm romper
o lago de areia lisa do silêncio. E  das paixões
que, invisíveis, iam agitando os corações e os
espíritos em intrigas que nos eram desconhecidas
nós nada vimos e nunca poderemos falar. Nós
passámos e as cidades atravessaram o nosso
destino como se ele fosse um corpo. Como a
paixão de uma ou de muitas mulheres se
intrometeu no nosso destino para nos ensinar
o que é o amor e nos deixar entrever o que será
a morte, as cidades atravessaram-nos. Porque o
amor com que nós sonhamos, aquele de que se
alimentava a nossa imaginação, era apenas uma
ideia. Coisa livresca, afinal. O que era o amor
nós aprendemo-lo com aquelas que nos amaram.
Tê-las conhecido e ter sido amado por elas fez-nos
talvez lamentar os exageros despropositados da 
alegria e da dor. E sem razão rimos, outras vezes
apeteceu-nos chorar. No seu ventre onde fermenta
a escuridão, a paixão guarda, escondida dos olhares
que não a sabem ver e ainda não a poderiam
compreender, a tortura do ciúme e a incapacidade  
de alguma vez chegar. Maldição é viajar sem destino
que seja certo? Primeiro elas apunhalaram-nos com
o calor húmido da sua excitação imerecida e sem
limites. E depois, a frio, talvez sem premeditação,
arrancaram-nos do coração e do espírito o espinho
maligno da ilusão, o mal-entendido da esperança.
E um dia finalmente ficámos a saber o que é a
fidelidade e o que é a traição. Mestra da sabedoria,
a traição é uma semente que germinou na terra dos
sentimentos mais puros. Viveu escondida nos sorrisos
e no apetite devorador e insensato dos desejos
veementes. Mas a nós foi-nos revelado o segredo.

Nada é o que parecia ser. A aprendizagem nunca
terá fim. E quem tem culpa de não poder amar
duradoiramente? Os anos vão passando e nós não
queremos conformar-nos com a degradação do
projecto e do ideal. Mas morrer passa tão
despercebido. A folha caiu da árvore e o céu não
escureceu, irritado ou surpreendido, nenhum
soluço ou grito de revolta ou dor rompeu a
serenidade do fim da tarde na cidade que
adormecia no seu silêncio. Tendo recebido a
dádiva da revelação, nós entendemos que a nossa
aprendizagem do amor e da morte não ficará
imperfeita. Nem se poderá dizer que ficou incompleta
a nossa educação. Ver de perto a fronteira nebulosa
que separa a verdade da mentira, o amor do desamor,
a devoção do desprezo, transformou-nos. A ser
atravessados pelas cidades e pelo amor das
mulheres, íamos ficando adultos. E uma noite,
finalmente, perplexos no meio da avenida
da cidade desconhecida, noutro país, noutro
continente, pudemos gritar: sou um  homem enfim,
já sei que tudo me pode acontecer. Entendemos que
o amor tal como o tínhamos imaginado não existe
verdadeiramente. Nada é como nos ensinaram ou
nós o quisemos aprender. Penetrar nos atalhos
tortuosos da nossa humanidade é uma ocupação
interminável. Somos o bem e o mal, generosos
no amor e na distracção, heróis e cobardes.
E na carne do espírito habituamo-nos à decepção
e a não esperar. É como aprender a falar. Em cada
episódio da nossa existência restaura-se a ingénita
ignorância. O sentido das palavras deixou de estar
preso à terra das origens, às raízes das árvores no país
da infância. A certeza e a dúvida não passam de acidentes
no caminho que leva à ignorância, essa sabedoria. E
desvendar é uma ocupação que nunca terá fim. Mas
o mistério existe, existirá o enigma? A tudo o que
nos acontece nós chamamos o nosso destino.
Colamos as palavras e as imagens recortados no 
filme inacabado, recordações do dia ou da noite em
sucessivas estações, queremos escapar à confusão
e à desordem que sempre nos ameaçam. Para que não
fiquem perdidos na imensidão do caos os episódios
da história, nós procuramos ou inventamos o todo
em que se inserem as partes. As ruas da cidade,
os seus cafés, as árvores da avenida e os seus
transeuntes ressurgem do esquecimento, cheias de
alma. As palavras daquela que nós amámos, os seus
gestos e as expressões do seu rosto podem permanecer
para sempre incompreensíveis. Nós mesmos já não
sabemos  se é acertado chamar amor ao que
sentimos nem como interpretar as  frases que
nos pareceu que ouvimos. Mas o que aconteceu,
o que nós pensámos do que aconteceu, o que nós
vimos e ouvimos não pode ser apagado da memória
nem perde a sua realidade. O corpo e o espírito foram
atravessados pelo movimento da vida. Pelas sombras
e pela luz. Pelo sussurro do vento nas folhas das árvores,
pelo cantar da água discreta nas fontes e nos pequenos
rios. Pela inocência. E tantas vezes  renunciámos ao amor.
O que não aconteceu também faz parte da história. 
que é o remorso? Porque é impossível esquecer?  



A grande cidade


A grande cidade, com a confusão das suas ruas e avenidas, assemelhava-se a uma longa frase, talvez a um longo poema, talvez a um romance. Muita coisa a ler, a organizar, a interpretar. As luzes e as cores, os rostos das pessoas e os automóveis, as árvores e o rio, tudo eram fragmentos da grande totalidade à espera de ser habitada e desvendada na epopeia cheia de sentido. Na avidez e inquietação da leitura havia de  construir-se a narrativa pessoal.

Rapazes e raparigas, inflamados pela ambição de ter um destino dominado pelo ardor, diziam-se uns aos outros nos bares entre duas cervejas ou duas tequilas os episódios da sua perplexidade. A excitação da descoberta e da posse fazia brilhar nos seus olhos meio ébrios e ávidos a tentação de uma grande perdição, de uma felicidade estrondosa e sem nome conhecido. Às vezes falavam de amor.

As manhãs nasciam, serenas. Pouco a pouco a cidade ia envelhecendo. Adolescente à tarde, ameaçada à noite pelo delírio que arrasta aquele que entrevê o fim próximo para a perdição de si mesmo. É esse o nosso destino: queimam-nos o rosto e os olhos o fogo do pressentimento e a atracção pelo abismo. Como fugir-lhe?


(J. E. Soice)