Wednesday, November 28, 2012

Le virus

J’ai reçu un message d’une fille que j’avais beaucoup aimée, dans le temps. Cela faisait des années qu’on n’échangeait pas un mot, j’en ai été ému. J’ai vite été détrompé: ce n’était pas elle qui s’était souvenue de moi et qui m’invitait à faire un teste de personnalité; le message provenait d’un de ces programmes bidon qui prolifèrent sur l’internet dans l’espoir d’avoir accès à nos informations. Je lui ai écrit pour l’avertir du virus et j’ai ajouté : plus de nouvelles de toi depuis longtemps, hein, qu’est-ce que tu deviens ? Elle m’a remercié et a ajouté : si je te parlais de ma vie, ah, tu deviendrais dingue à nouveau. Sa réponse m’a choqué et irrité. Mais j’ai tout de suite pensé : elle n’a pas changé ! on s’est compris si vite malgré toutes ces années de silence qu’on a eu vraiment tort de se séparer.

(J. E. Soice)


P. S.

Ele, o Soice, escreve estas coisas porque é um tenrinho lá no fundo e de vez em quando sucumbe a nostalgias infantis. Mas a mim uma vez disse-me que essa "jeune fille que j'ai beaucoup aimée" se tinha transformado enquanto vivia com ele num belo estupor que só não deu com ele em doido porque não calhou. Eu não comentei e fiz bem porque as opiniões dele variam com os dias ou com a lua e nunca são definitivas.


Este meu amigo, falando uma vez do Livro do Desassossego de Bernardo Soares, disse-me que não percebia por que razão tanta gente achava que tal estopada era um livro genial. "A mim", disse Soice, "o estilo rebuscado, efféminé, narcisista, cheio de minúcias inúteis e despropositadas do delicado e chato Bernardo Soares irrita-me. Todo o livro é uma espécie de prolongamento inútil e enfadonho de "O Sentimento de um Ocidental" de Cesário Verde. Prefiro o Cesário, que é breve, perspicaz - e não está convencido de que pensa profundamente." Eu, com toda a modéstia, ouvi e não comentei, como é evidente.

Wednesday, November 7, 2012

Confissão


A poesia é a arte do desejo
ou do remorso. Aquele que
não pode dizer que ama,
no segredo do poema
confessa o seu amor.  Aquele
que não quer confessar que
sofre por causa do amor
que já morreu, no poema
tenta perceber a sua dor.

E não posso dizer o teu
nome. Nem que me fez
estremecer o teu olhar
quando se cruzou com o
meu. Não tenho palavras
dignas dessa confissão.
Queria que na memória
ficasse guardada a
imagem do teu rosto,
do teu corpo, quando
tu me observavas e depois
baixavas os olhos e o rosto.

O amor. Mas eu não posso
falar. E tu não podes
ouvir. A paixão será
secreta. Como a dor. Como
a felicidade de estar ao pé de
ti. Sem que ninguém saiba,
ninguém veja. Escrevo o poema
para não me esquecer de ti nem
do teu olhar esta tarde quando
tu saías da sala e viraste
a cabeça na minha direcção.
Tu sabias. Tu sabes. Mas
não é possível. Não se explica
o amor. Mas sem esperança
eu hei-de estar ao pé de
ti atento. E talvez tu
percebas, apesar do pudor,
da proibição. 

(11/4/2012)

Friday, November 2, 2012

Le goût du vrai

Une fois, il y a quelques années, j’ai eu une girl friend qui, peu de temps après notre séparation, a créé une entreprise qui ne vendait que des produits de qualité génuine européens. Et elle expliquait dans sa page commerciale de l’internet qu’il fallait luter contre la prolifération de chinoiseries de mauvaise qualité et de mauvais goût qui avait envahi notre existence sophistiquée. Elle faisait preuve là d' ambitions aristocratiques respectables et que je respectais et d'une dévotion louable vis à vis des produits faits à la main par des artisans – des artisans qui en fait à ses yeux étaient de vrais artistes et qui laissaient un peu de leur âme dans les produits qu’ils mettaient sur le marché.

Elle s’est aussi mariée peu de temps âpres avec son associé dans les affaires et je dois croire que là encore elle a su agir avec le même goût du vrai et la même soif de pureté.

J’ai pensé à elle récemment par contraste et me sentant un peu coupable: je venais d’acheter une demi douzaine de stylos plume « made in China » pour environ trente dollars tous les six. Je n’avais pas pu résister à la tentation de devenir propriétaire de six stylos neufs, si beaux et de différentes marques, pour si peu d’argent. D’ailleurs elle m’avait offert quand on était encore ensemble un faux Montblanc qu’elle avait acheté à Chinatown à New York et dont je me servais parfois en me souvenant de l’époque de nos amours qui n'allaient pas durer. Bien sûr, je ne pouvais pas comparer le faux Montblanc à mon magnifique et vrai stylo Delta "made in Italy", mais cela mis de côté il me satisfaisait assez.


(Joseph Edward Soice dans ses cahiers secrets)