Wednesday, March 13, 2013

Messages


Comment interpréter les
signes ? Sur le bord du
chemin un arbre soudain
agite ses branches. Un
nuage cache le soleil.

Quelqu’un t’appelle,
tu regardes et il n’y a
personne en vue.
Au bord de la mer
un oiseau s’envole.

Et toi tu reposes
sur ton destin, dans
l’attente toujours du
miracle. Où se trouve
le chemin qui mène à

la grande ville, là
où tous les rêves
s’accompliront ?
(N’est-ce pas, Madame
Emma Bovary ?)

Quel est le sens caché
de toutes les paroles ?
Tu partiras, mais tu
n’arriveras pas.
Silencieux, les dieux

te regardent. Leurs
visages te sont cachés.
Tu maudis ceux qui font de
toi le personnage
invraisemblable
de leurs folles histoires.

Un jour tout sera effacé,
tu le sais. D’avance
n’avons-nous pas douté
de l’éternité ? Éteins
ta cigarette, ne lis pas

dans la fumée l’annonce
de l’amour ni de la mort.
Toutes nos histoires sont
insensées. Il ne restera
de nous rien, ni souvenir

ni poussière. Les cendres
se sont éclipsées au bord
de l’océan. Éclats d’étoile.
Regarde, il n’y a plus
d’eau dans le puits.

Et les enfants ne
sourient plus. Enragé,
un chien aboie dans le
ventre de la nuit. Les
chats gémissent, noirs,

dans leur insupportable
solitude. Les comètes
tombent du ciel à une
vitesse vertigineuse. Et
nos larmes se sont

dispersées dans la Voie
Lactée. Tu ne réponds pas,
tu n’as plus rien à dire ?
Ignore ceux qui semblent
t’aimer, ne réponds pas

à leur désir injustifié.
Qu’ils apprennent à
se contenter de leur
misérable sort. Il n’y
aura pas de miettes

sous la table après
le repas du soir. Reste
insensible, ne souris pas.
Toute émotion est une
trappe. Les rois et les

femmes, dans leur
splendeur, s’apprêtent à
entrer dans la cathédrale.
Des voix, des chantes
s’élèvent dans les cieux.

Messages imprécis.
Tout n’est que passager. 
Pleurer ne changera
rien à l'affaire. Tu 
peux t’en aller, ça

reviendra au même.
Il n’y aura pas de
célébration quand
le néant aura récupéré
sa place. Résigne-toi. 

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