Sunday, March 10, 2013

Sans bruit


Le soir arrive, la nuit
tombe. Et tu te souviens
des jours lumineux, quand
le rire des enfants dans la
maison, leur rude tendresse,
réchauffait ton cœur. Mais

la mort viendra, l’amour
n’a été qu’une saison tôt
disparue. L’amour. Tu y
penses encore, le doux
souvenir des jours heureux
n’a pas été oublié. À quoi

ont servi les longs voyages,
les rêves de plénitude, l’espoir ?
Nous ne durons pas, ne durent
pas nos émotions, n’être que
le passager anxieux ou
distrait du bateau que

traverse le fleuve est notre
destin. Ceux qui dans le rivage
nous font des signes savent-ils
qu’arriver nous laissera, déçus,
au bord, à nouveau, du gouffre
insatiable du désir ? Nous les

avons regardés avec tendresse,
sachant que nul voyage ne
nous emmènera loin de notre
destin. Eux ils peuvent rêver
de traversées et de l’arrivée
dans les paradis lointains.
C’est leur façon de croire à la

joie. Mais nous savons que tout
mouvement, tout déplacement
n’est qu’illusion. La mort toujours
nous a menacé et nous n’avons
pas cru à ses menaces, lointaine
et incertaine était sa cruauté. Et

maintenant, quand le soir arrive
et la nuit tombe, nous remplit de
tristesse la certitude de la fin.
Les jours heureux et les blessures
du cœur s’effaceront quand, sans
bruit, se fermeront nos lèvres dans
un sourire que la trahison emplit

d’une tendre ironie. Nous n’avions
rien demandé, la vie nous a été
accordée comme une punition.
N’avons-nous pas fait de notre
mieux pour mener à bien la tâche
ardue ?





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